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Il n’y a rien de pire que les faux culs

Il n’y a rien de pire que les faux culs - Margaret Marlow

Entre vous et moi, je ne suis pas certaine qu’il soit vraiment nécessaire de vouloir tout faire pour plaire aux autres. Cela ne sert à rien de lécher les bottes de quelqu’un pour obtenir ses faveurs. En tout cas, moi, ce n’est pas vraiment mon genre. Ce qui se passe, c’est qu’on se plie souvent en quatre pour une personne qui ne porte aucun intérêt sur nous. Je trouve qu’au travail, comme dans toute autre sphère de notre quotidien, il est préférable de mener sa vie comme on l’entend. Mon mari n’est pas du même avis. Dans son boulot, il est nécessaire de montrer aux supérieurs qu’on est prêt à tout pour garder notre place, la concurrence est importante, et un seul faux pas, ou un mauvais geste peut conduire à un licenciement, ou à un avertissement. Ce qui est grave chez eux, c’est cette manie que certains employés ont de lécher les bottes de leurs supérieurs. Pour attirer la sympathie des patrons, ils n’hésitent pas à dénoncer certains de leurs collègues. Chaque erreur provoque, un retard de 5 minutes, un matériel brisé pendant un service, tout se sait. D’après mon mari, ils sont surveillés en permanence, autant par les superviseurs, que par ceux qui sont à côté. Le pire d’entre tous s’appelle Nicholas. Il avait tendance à tout raconter, sans mesure, aux superviseurs, même quand il savait pertinemment que cela serait préjudiciable pour les personnes intéressées. Qu’avait-il à y gagner ? De toute façon, son salaire n’allait pas augmenter pour autant. De toute façon, d’après mon époux, il fait ça depuis toujours, mais il n’a jamais obtenu la moindre promotion, ni reçu une augmentation de salaire plus importante que celle de tout le monde. La semaine dernière, sa femme est partie en voyage pour trouver un spécialiste en dermatologie. Elle veut faire traiter sa couperose qui ne guérit pas, et qui a même commencé depuis peu à empirer. Elle avait les joues entièrement recouvertes de rosacées. Si bien, qu’on ne pouvait plus savoir si elle avait le teint  blanc, rose ou plutôt pâle. Nicholas avait demandé quelques jours de congé, et comme ils avaient beaucoup de boulot au travail, leur patron ne lui a donné qu’une semaine de congé. À son retour, il a dû rattraper tout son travail, puisque personne n’a voulu lui rendre service. Il l’a bien mérité, je trouve. À force de lécher les bottes des supérieurs, il a oublié qu’il est essentiel d’avoir de bons amis sur qui compter.

 

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Margaret Marlow est une blogueuse montréalaise née le 8 janvier 1954. Son premier blog fut publié au début des années 2000, créa un buzz et attira plusieurs milliers de lecteurs. Son expérience, mais aussi sa polyvalence ont intrigué les blogueurs et journalistes web. Aujourd'hui, elle est invitée à bloguer sur divers sujets partout sur la toile.