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Le vieil homme, et les canards...

Le vieil homme, et les canards... - Margaret Marlow

En observant les oiseaux dans le grand parc, près de chez moi, j’avais remarqué que certains étaient plus friands que d’autres, des miettes que j’apportais. Des canards se dandinaient jusqu’à moi quand j’arrivais, et des cygnes, qui étaient un peu plus loin, se précipitaient, eux aussi, lors de ma venue. Ces deux espèces de volatiles se comportaient entre eux, d’une façon très différente. Pour les cygnes, ils se menaçaient, tendant leurs longs cous les uns vers les autres, en faisant claquer leurs becs. Les plus jeunes restaient à distance de ces affrontements, et il ne leur restait, le plus souvent, que des petites miettes, dispersées dans l’herbe. Ils s’empressaient de fouiller le gazon pour trouver les minuscules morceaux de pain. Chez les canards, quelques prises de bec, entre les jeunes mâles, pouvaient avoir lieu, mais en général, les canes et les canards étaient peu belliqueux.

Ce rituel, qui consistait en une contemplation des cygnes et des canards dans le parc, je le répétais chaque soir, quand le temps me le permettait. Un soir, un homme âgé vint me voir, alors que je m’apprêtais à partir. Il se présenta comme un ancien habitant du quartier. Il avait déménagé une dizaine d’années avant ce moment, et il voulait juste se promener et parler. Il m’accompagna jusqu’à la mare où les canards étaient logés. En écoutant ses souvenirs, j’étais transporté dans un autre temps. Il me décrivit le stand du marchand de glaces, la couleur de la robe d’une femme qui passait, les rires des enfants qui jouaient à la balle. Les allées étaient le terrain de jeux des petits, car aucune pelouse n’était accessible aux promeneurs.

Quelques cyclistes, leur vélo à la main, passèrent près de nous. Ils nous informèrent que le parc allait être fermé. Je me souvins que je devais appeler une entreprise pour obtenir une soumission couvreur montreal, en fin d’après-midi, mais que j’avais oublié de le faire. Je demandais au vieil homme de bien vouloir me pardonner, et je sortis mon téléphone portable. Après quelques manipulations, pour mettre une sonnerie qui me remettrait en mémoire l’appel que je devais passer le lendemain, je relevais la tête pour continuer ma discussion avec le vieil homme. J’étais seul et le gardien du parc me demanda de me presser. L’homme âgé, avec lequel j’avais parlé pendant trente minutes environ, s’était volatilisé. J’interrogeais le gardien : avait-il vu passer un homme aux cheveux gris, appuyé sur une canne ? Il me répondit que non.

 

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Margaret Marlow est une blogueuse montréalaise née le 8 janvier 1954. Son premier blog fut publié au début des années 2000, créa un buzz et attira plusieurs milliers de lecteurs. Son expérience, mais aussi sa polyvalence ont intrigué les blogueurs et journalistes web. Aujourd'hui, elle est invitée à bloguer sur divers sujets partout sur la toile.